Article de Pierre Sein
N°773 - du 26 Juin au 2 Juillet 2008
Le numérique a du bon. Jean-Philippe Plantey n'en disconvient pas. Il en use amplement, en connaît les avantages, les
facilités qu'il apporte et le peu d'inconvénients qu'il procure et sait très bien qu'au final il y trouve son compte.
D'ailleurs à quoi sert-il de lutter contre le progrès quand celui-ci est en mesure d'apporter les réponses tant à la technique de l'artisan qu'à l'exigence de
l'artiste.
Mais chacun à son petit bout de jardin secret. Dans celui de Jean-Philippe Plantey, il y a la photo en "noir et blanc" . "Comme une plate-bande que je cultivais chez moi…" s'amuse-t-il. Il apprécie le côté chic, la manière instantanée de relever
l'instant glamour, l'atmosphère singulière que distille le jeu des ombres et des lumières. Il aime le moment où le cliché rend son mystère : "J'ai
toujours fait du noir et blanc, et j'ai eu envie de lui redonner quelques lettres de noblesse au moment où nos métiers sont quelque peu malmenés par le numérique. Si je vis de l'illustration
couleur, de la publicité, de la communication visuelle, j'ai continué à l'utiliser pour mon plaisir mais aussi pour ce qu'il peut apporter de différent au plan artistique. Dans les portfolios que
nous proposons pour cette série, il y ainsi des photos réalisées tout au long des vingt dernières années, des instantanées saisis dans un moment particulier, des paysages connus mais souvent
revisités par le noir et blanc, des portraits de gens disparus. Le reste est d'aujourd'hui, car mon idée est de réaliser tant des séries de paysages de villes, de sites, des monuments que des
thématiques sur les hommes, les métiers, les filières."
Jean-Philippe a collaboré avec la graphiste Sophie Darricau pour la réalisation de ces portfolios. il a fourni la matière, c'est
elle qui l'a choisie et mise en scène. Tous deux ont demandé à un "amoureux" du sujet d'apporter un texte accompagnement. Il peut s'agir d'une ballade romantique, d'une réflexion comme d'un récit
historique… Le premier exemplaire concerne Biarritz, d'autres vont suivre qui évoqueront la côté landaise, Bayonne : "Nous avons une dizaine de projets
déjà mûris que nous allons mener à bien. Mais nous pouvons travailler à la commande. Nous pensons également que ce genre de création peut intéresser les municipalités, les sites
touristiques."
Pour l'heure, tous deux assurent leur propre diffusion notamment par le biais de l'Atelier D3, du Cheik ou de Kiki-Ritz à Biarritz et d'Atmosphère basque à Bayonne
- Pierre Sein